Insomnie, apnées du sommeil…

sommeilLes troubles du sommeil sont très fréquemment liés à des troubles de l’humeur et particulier à l’anxiété et à la dépression. Certains médicaments comme les psychotropes modifient le sommeil. Quant à l’alcool et les drogues, ils ont un effet très négatif sur le sommeil. Il y a aussi certains troubles qui se révèlent exclusivement au cours du sommeil, comme les apnées du sommeil ou le syndrome des jambes sans repos. Ces maladies accentuent la fatigue et parfois la dépression. De ce fait, dans notre établissement, nous sommes très attentifs au sommeil de nos patients.

Le symptôme le plus fréquent est l’insomnie qui touche 20 à 30 % de la population avec 15 à 20% d’insomnie modérée et 9 à 10% d’insomnie sévère. Près de 10% de la population consomme régulièrement un anxiolytique ou un hypnotique. Les femmes sont deux fois plus touchées par l’insomnie que les hommes.

L’anxiété sous toutes ses formes est une grande pourvoyeuse d’insomnie. L’anxiété généralisée, ou bien celle générée par les TOC (troubles obsessionnels compulsifs) ou les phobies, provoque le plus souvent des difficultés d’endormissement liées à des pensées récurrentes, des idées qui s’imposent, des préoccupations obsédantes. Les insomnies qui surviennent le plus souvent vers 3 ou 4 heures du matin ou en fin de nuit, sont plus fréquemment concomitantes d’une période de stress mal supportée avec un risque d’évoluer vers une dépression si une solution n’est pas trouvée.

La dépression est l’autre cause fréquente d’insomnie. Elle explique, avec l’anxiété, près de 50% des d’insomnies. Il s’agit le plus souvent d’une insomnie de seconde partie de nuit, avec sensation d’un réveil précoce ou d’un sommeil non reposant et très morcelé en fin de nuit. Ce peut-être le premier signe de la dépression, avant même que le syndrome dépressif ne soit évident. Bien connaître son sommeil quand on est déprimé est important car le sommeil joue le rôle de baromètre de l’humeur. Traiter l’insomnie en même temps que la dépression permet d’obtenir l’amélioration la meilleure et la plus durable.

Une insomnie peut être révélatrice d’un syndrome d’apnées du sommeil, mais le plus souvent, le symptôme le plus gênant est une fatigue avec une somnolence excessive qui attire l’attention de l’entourage et de la personne elle-même. Ce syndrome est habituellement accompagné d’un ronflement. Parfois, le conjoint peut percevoir des arrêts respiratoires inquiétants, suivis d’une reprise bruyante de la respiration. Dans la journée il y a des troubles de la concentration et de la mémoire, et parfois des endormissements gênants, très problématiques lorsqu’ils surviennent au volant.

Le syndrome d’apnées a des conséquences considérables sur la santé en particulier sur le plan cardio-vasculaire. Ainsi, 50 % des sujets porteurs d’un syndrome d’apnées sont hypertendus et plus souvent atteints de maladies coronariennes. Le risque de mortalité par cause cardiaque ou vasculaire chez les sujets apnéiques sévères non traités est multiplié par trois par rapport aux témoins en bonne santé. Il est donc important de bien dépister ces pathologies et de les traiter.

Certaines pathologies du sommeil se traduisent par un sommeil envahissant, que ce soit en raison d’un sommeil de nuit long et non récupérateur comme on le voit dans les hypersomnies idiopathiques, ou bien par des besoins répétés de dormir en journée comme dans la narcolepsie. La narcolepsie est ainsi une maladie qui commence jeune par ces envies de dormir diurnes, associées à d’autres symptômes, dont le plus caractéristique est la cataplexie (chute brutale du tonus musculaire déclenchée par les émotions). Mais en psychiatrie la somnolence diurne est le plus souvent liée au trouble de l’humeur, sans hypersomnie associée.

Toutes ces pathologies nécessitent attention, évaluation et traitement si nécessaire. Dans la clinique, nous organisons des ateliers qui sont un moment d’échange sur le sommeil, afin de mieux comprendre ses mécanismes, les effets des médicaments et les pathologies impliquées. Le patient hospitalisé et sa famille ont la possibilité d’y participer. En cas de besoin des enregistrements du sommeil sont réalisés.