Troubles bipolaires

Bipolaire ou pas ?

  • Nous avons tous une humeur bipolaire.
  • Seul 1% de la population générale souffre d’un trouble bipolaire typique et 2 à 3% d’une forme atténuée (spectre bipolaire) soit environ 1,5 million de personnes en France.
  • Les concepts médicaux de manie et de mélancolie remontrent à l’Antiquité, mais la description moderne de la maladie maniaco-dépressive remonte à la fin du XIXème siècle.
  • La dénomination de troubles bipolaires s’est imposée internationalement  à la fin des années 1980.
  • Les troubles débutent dans la majorité des cas au sortir de l’adolescence et au début de l’âge adulte, même si des formes très précoces et d’autres plus tardives sont décrites.
  • Les femmes sont autant touchées que les hommes, mais elles présentent plus d’épisodes dépressifs et une évolution souvent moins favorable.

L’origine des troubles bipolaires :

  • Les troubles bipolaires ne sont pas une maladie génétique.
  • plusieurs facteurs (dont certains sont génétiques) sont impliqués dans son développement.
  • Les anomalies de fonctionnement des réseaux cérébraux impliqués dans la régulation des émotions sont aujourd’hui assez bien identifiées par les études d’imagerie cérébrale.
  • L’hyper réactivité émotionnelle est une manifestation du tempérament des patients bipolaires ; elle s’exprime lors des crises pathologiques.
  • L’expression de la maladie résulte d’une interaction entre les facteurs de stresse, les traumatismes affectifs et une vulnérabilité cérébrale préexistante.

Les manifestations des troubles bipolaires :

  • Les troubles bipolaires se caractérisent par le survenu cyclique de phases d’humeur pathologique, maniaques ou dépressives, qui marquent une rupture avec le fonctionnement habituel du sujet.
  • La crise maniaque est un état d’agitation psychique et moteur très intense qui conduit le plus souvent à une hospitalisation.
  • L’hypomanie correspond à une crise maniaque atténuée, et néanmoins pathologique.
  • Les dépressions dans la maladie bipolaire peuvent être dominées par un ralentissement moteur sévère ou caractérisées par une instabilité émotionnelle et comportementale.
  • Les symptômes maniaques et dépressifs peuvent s’associer au cours des crises de la maladie : on parle alors  de caractéristiques mixtes.
  • Entre les crises, des symptômes résiduels persistent une fois sur deux et altèrent la qualité de vie des patients.
  • La mauvaise conscience du caractère pathologique, au début de la maladie et lors de certaines crises, peut conduire à ce que le patient soit hospitalisé et soigné sans son consentement.
  • Au cours de l’évolution du trouble bipolaire, si l’autonomie du sujet est altérée, des mesures de protection (sauvegarde de justice, curatelle, tutelle) peuvent être prononcées par le juge des majeurs protégés.
  • Le trouble bipolaire ne rend pas la personne bipolaire dangereuse pour autrui, sauf si la maladie de complique d’addictions à des substances toxiques.
  • Les personnes bipolaires souffrent une fois sur deux d’addictions à des substances (alcool, tabac, cannabis, cocaïne).
  • 10 % des personnes bipolaires meurent par suicide.
  • Leur espérance de vie est réduite d’une dizaine d’années par rapport à la population général.
  • Les troubles borderline, schizo-affectif et le déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité se situent aux confins de la maladie bipolaire.
  • Les troubles anxieux et les troubles des conduites alimentaires peuvent être associés à la maladie bipolaire. Des maladies somatiques (cardiovasculaires, endocriniennes ou neurologiques) peuvent aggraver l’évolution des troubles bipolaires.

Soins des troubles bipolaires :

  • Personnaliser le traitement consiste à prendre en compte, dans le choix des traitements et des thérapies, l’âge, le sexe, le nombre d’épisodes (maniaques, hypomaniaques, dépressifs), et la tolérance des médicaments déjà prescrits.
  • Le traitement médicamenteux est indispensable pour contrôler la maladie bipolaire. Il est nécessaire sur le très long terme.
  • Le lithium reste le médicament de référence, même s’il est le plus souvent prescrit en association avec d’autres molécules.
  • Le traitement des crises doit être distingué de celui de la prévention des rechutes.
  • Les prises en charge psychologiques jouent un rôle majeur dans l’amélioration du pronostic de la maladie et dans la qualité de vie des patients.
  • Traitements biologiques et thérapies psychologiques doivent être associés pour lutter efficacement contre la maladie bipolaire.
  • Il est souhaitable que, sur le long terme, le suivi soit assuré par un médecin spécialiste.
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