Burn-Out

Le syndrome d’épuisement professionnel ou burn-out, est un processus progressif qui commence lorsque les contraintes, en particulier professionnelles, sont excessives et prolongées, et entraînent un stress chronique.

Le sujet ainsi exposé peut connaître une situation de déséquilibre important entre les ressources qu’il mobilise pour accomplir son travail (moyens mis en oeuvre, représentation des valeurs de son métier, possibilité de trouver du soutien, de la reconnaissance), et les exigences auxquelles il doit faire face. Cela peut retentir sur sa santé et compromettre son engagement professionnel.

Décrit dès les années 1970 dans un contexte d’évolution du monde du travail et de changements sociaux, le terme de burn-out décrivait un état de « fatigue extrême, ainsi qu’une perte de passion et d’idéalisme pour son travail », en particulier chez les professionnels « au service des personnes » 1,2, ou encore « un état d’épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d’un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel» 3.

Le concept de syndrome d’épuisement professionnel ou burn-out, même s’il ne constitue pas un diagnostic clinique à part entière dans les classifications médicales de référence comme le DSMV (ses symptômes et ses causes n’étant pas suffisamment établis), est défini comme un ensemble de signes cliniques, et fait l’objet d’une attention particulière (OMS, Syndrome d’épuisement, 1998).

Les travaux scientifiques ont permis de concevoir le burn-out comme un processus de dégradation du rapport subjectif de la personne à son travail, à travers trois dimensions :

  • L’épuisement émotionnel : fatigue intense, manque d’énergie malgré les temps de repos, sentiment d’être « vidé de ses ressources » ;
  • Le cynisme vis à vis du travail (ou dépersonnalisation) : développement d’attitudes impersonnelles, détachées, négatives, cyniques envers son travail et envers les personnes (collègues, hiérarchie, personnes dont on s’occupe ;
  • La diminution du sentiment d’accomplissement personnel au travail : dévalorisation de soi, de son travail et de ses compétences, sentiment d’être inefficace ou « pas à la hauteur » dans son travail.

Certains facteurs de risque professionnels et certains déterminants individuels seraient plus associés au burn-out. Parmi les facteurs de risque professionnels, les études identifient principalement une charge quantitative et qualitative élevée et prolongée de travail, la présence de conflits de valeur, un manque de ressources (soutien social de la hiérarchie et des collègues), d’autonomie, de reconnaissance, d’équité ou de sécurité 4. Parmi les déterminants individuels, on retrouve principalement l’engagement fort dans le travail, le caractère consciencieux (organisé, persévérant, méticuleux), ainsi que la tendance à percevoir les événements comme pénibles ou problématiques 5.

Le syndrome d’épuisement professionnel est souvent diagnostiqué à un stade tardif, s’exprimant spécifiquement dans le contexte du travail (Guide d’aide à la prévention, DGT-INRS-ANACT, Mai 2015) :

  • manifestations physiques, qui sont les plus fréquentes : troubles du sommeil, fatigue persistante malgré le repos, tensions musculaires, douleurs rachidiennes (dos, nuque), modifications du poids, maux de tête, nausées, vertiges parfois ;
  • manifestations émotionnelles : anxiété, manque d’entrain pouvant aller jusqu’à une humeur triste avec dévalorisation, irritabilité, hypersensibilité ou diminution de l’expression des émotions ;
  • manifestations cognitives : distractibilité, erreurs d’inattention ou oublis, diminution de la capacité à se concentrer, à hiérarchiser, à nuancer, à prendre des décisions, à faire plusieurs tâches à la fois ;
  • manifestations motivationnelles : désengagement, manque de motivation ;
  • manifestations comportementales : isolement, agressivité, ressentiment, cynisme, développement de comportements addictifs (tabac, alcool, sédatifs, drogues).

La dépression et le burn-out paraissent, d’après les études, des entités séparées mêmes si elles partagent des caractéristiques communes, tant par les symptômes présentés que par leurs conséquences fonctionnelles ; elles peuvent coexister, et évoluer l’une vers l’autre 6-8. Les troubles anxieux et burnout partageraient aussi une symptomatologie commune 4.

Si le traitement du burn-out  doit être essentiellement préventif, il n’en demeure pas moins qu’à un stade évolué les manifestations cliniques peuvent nécessiter une hospitalisation.

A Nightingale Hospital Paris- Clinique du Château, nous mettons l’accent sur la nécessité, en pareille situation, de rompre avec l’environnement habituel et les stimulations stressantes. Le cadre de notre établissement s’y prête parfaitement avec la quiétude et les soins nécessaires au repos, à une prise de distance et à une réflexion. La prise en charge psychiatrique est ajustée de façon individuelle et en fonction des troubles éventuellement associés (dépression, troubles du sommeil, addictions, troubles anxieux).

L’hospitalisation a 4 objectifs :

  • repos et mise à l’écart des stimulations ;
  • prise en charge des symptômes (tels que humeur dépressive, insomnie, angoisse, etc.) ;
  • compréhension des circonstances de survenue du burn-out, réflexion sur le travail ;
  • élaboration de stratégies permettant la reprise professionnelle et la prévention d’un nouveau syndrome d’épuisement professionnel.

Ce travail psychologique est effectué au cours des entretiens quotidiens (8 psychiatres pour 44 patients) et de réunions d’information.

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Bibliographie

  1. Freudenberger, H. J. The issues of staff burnout in therapeutic communities. J Psychoactive Drugs 18, 247-251 (1986).
  2. Maslach, C. Burned-out. Can J Psychiatr Nurs 20, 5-9 (1979).
  3. Schaufeli W, E. D. The burnout companion to study and practice: a critical analysis. 1998).
  4. Lindblom, K. M., Linton, S. J., Fedeli, C. & Bryngelsson, I. L. Burnout in the working population: relations to psychosocial work factors. Int J Behav Med 13, 51-59 (2006).
  5. Bakker, A. B., Van der Zee, K. I., Lewig, K. A. & Dollard, M. F. The relationship between the Big Five personality factors and burnout: a study among volunteer counselors. J Soc Psychol 146, 31-50 (2006).
  6. Ahola, K. & Hakanen, J. Job strain, burnout, and depressive symptoms: a prospective study among dentists. J Affect Disord 104, 103-110 (2007).
  7. Bianchi, R., Schonfeld, I. S. & Laurent, E. Burnout-depression overlap: a review. Clin Psychol Rev 36, 28-41 (2015).
  8. Schonfeld, I. S. & Bianchi, R. Burnout and Depression: Two Entities or One. J Clin Psychol (2015).
Etat de stress post-traumatique Dépression